Bourgeois parisien du XIVème siècle, né en 1330 ou plus probablement 1340, Nicolas Flamel était un copiste et écrivain public exerçant son art dans une échoppe accolée à l'Eglise Saint-Jacques-de-la-Boucherie, marié vers 1370 à une deux vois veuve, dame Pernelle. Leurs biens réunis leur assuraient une vie matériellement confortable. Notons que cette activité d'écrivain public était fort lucrative à une époque ou une grande partie de la population était illettrée, et où l'imprimerie n'était pas encore utilisée.
Comment est-il devenu un mythe, une légende entretenue à travers les siècles ?
Il aurait découvert un ouvrage ancien écrit en latin "de trois fois sept feuillets" signé d'Abraham le Juif contenant gravures et textes alchimiques. Durant des années, il chercha aidé de son épouse, à le déchiffrer et le comprendre, sans toutefois y parvenir.
En désespoir de cause, il décida de partir pour un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, où il fit une rencontre édifiante en la personne d'un savant juif converti, qui lui donna des clés pour interpréter les textes et les illustrations du livre.
De retour à Paris, il se serait remis en quête du Grand Oeuvre et y serait parvenu, transmutant du mercure en or. Selon Nicolas Flamel, ce livre était destiné aux juifs condamnés à payer de lourds tributs aux romains, leur expliquant comment fabriquer de l'or mais sans préciser avec quelle materia prima le faire, quelle matière première. Et c'est ce que notre bourgeois de Paris aurait découvert. Sa fortune et ses nombreuses dépenses destinées à financer l'édification ou la réfection de chapelles, hôpitaux et autres églises, ont contribué à entretenir la légende.
Mais selon Fulcanelli, célèbre alchimiste né dans la première moitié du XIXème siècle, cet ouvrage n'a jamais existé et serait pure invention, basée essentiellement sur des descriptions précises laissées par Nicolas Flamel.
Une autre version de l'histoire consiste à dire que le livre d'Abraham le Juif serait en fait un recueil des enseignes des maisons correspondant aux caves dans lesquelles les juifs interdits de territoire auraient caché leurs biens et richesse. Car Charles VI avait signé un édit d'expulsion à leur encontre, daté de 1394. C'est en rachetant ces biens que Nicolas Flamel se serait enrichi. Thèse soutenue par l'abbé Villain au XVIIIème siècle.
D'ailleurs la fortune de Nicolas Flamel et dame Pernelle n'aurait pas été aussi considérable qu'on voulait le faire croire, ni leurs dons qui constituaient des pratiques courantes à cette époque.
De plus, faut-il ajouter que la pierre philosophale que notre alchimiste est supposé avoir découverte, octroie l'immortalité et l'éternelle jeunesse à qui en a le secret ? Or Nicolas Flamel est bien mort en 1418, et enterré là où se trouve l'actuel musée de Cluny, aux côtés de son épouse qui l'avait précédé de 21 ans.
