La vie de Rennes-le-Château a commencé bien avant les évènements qui ont contribué à en faire un mythe. Cependant, ce que nous tenterons d'en faire connaître est une histoire qui débute à la fin du XIXème siècle. A cette époque, vers 1885, l'Abbé Saunière prit ses fonctions dans ce petit village de quelques centaines d'habitants, un oppidum situé au milieu des collines du fin fond du Languedoc.

Cet abbé, dont l'histoire peut etre conté sur des livres a acheter sur livres esoteriques, que rien ne prédisposait à entrer dans l'Histoire, fut à l'origine de l'un des plus grands mystères de notre époque, grâce à la fortune qu'il acquit et à la vie dispendieuse qu'il mena dès lors. Mais d'où cette fortune lui venait-elle ? Les thèses les plus fantaisistes se sont succédé pour tenter de l'expliquer, évoquant une lignée descendant de Jésus Christ, le trésor volé de Jérusalem à travers les Wisigoths, les Cathares ou les Templiers? Qui détient la vérité, si toutefois quelques uns l'ont touchée du doigt ?

La piste la plus plausible à suivre, semble être celle de documents secrets cachés dans une colonne de l'ancien autel et à l'intérieur d'un balustre, que l'abbé aurait découverts lors de travaux de rénovation dans son église.

Remontons un peu le cours du temps pour tenter de démêler l'écheveau de l'histoire.

Béranger Saunière, par l'entremise de son frère Alfred Saunière, fut mis en relation avec le marquis de Chefdebien, qui comptait parmi les intimes de feu le comte de Chambord, dernier prétendant au titre de France, qui de son vivant avait renoncé au trône. Le comte de Chambord avait épousé une héritière des Habsbourg, puissante famille dont l'influence s'étendait alors sur l'ensemble de l'Europe.

L'histoire officielle fait état d'un don de la comtesse de Chambord à Béranger Saunière de trois mille francs-or pour la rénovation de son église, alors qu'officieusement, tout tend à penser qu'elle le chargea de découvrir et de lui remettre de précieux documents dissimulés à Rennes-le-Château, précisément dans cette église, par Marie de Negri d'Ables, marquise d'Hautpoul, de la famille des seigneurs de Rennes-le-Château. La marquise aurait confié peu avant sa mort en 1781 ces documents à son confesseur, l'abbé Antoine Bigou, le chargeant de les mettre en lieu sûr.

Que contenaient-ils ? Un secret compromettant la dynastie des Habsbourg ? Ou bien représentaient-ils une menace pour l'Eglise ? Car les Habsbourg disposant alors d'un droit de veto sur l'élection du Pape, on ne peut imaginer l'ampleur qu'aurait prise la divulgation d'un tel secret.

Tout porte à croire que l'abbé Saunière, fervent monarchiste, découvrit ces parchemins et les remit à la comtesse de Chambord, qui en marque de reconnaissance, lui assura un revenu confortable et régulier jusqu'à la fin de ses jours.

Cette hypothèse, bien que propre à décevoir plusieurs générations de chercheurs de trésor, est celle que privilégia Jean-Luc Robin, passionné de Rennes-le-Château depuis son enfance. Il y crut de son vivant, et maintenant qu'il a rejoint Béranger Saunière sur d'autres chemins, sans doute connaît-il le fin mot de l'histoire.