La Wicca traditionnelle, dite Wicca Gardnérienne, est un culte à mystère centré sur deux divinités : la Déesse et le Dieu Cornu. En tant que mystère, la Wicca nécessite donc l'initiation (en trois degrés : Prêtre/Prêtresse, Grande Prêtresse/Grand Prêtre, Ancien). De plus, se prévalant de la sorcellerie, la Wicca enseigne à ses adeptes l'usage de la magie.

En France, et par influence de ce qu'est devenue la Wicca aux Etats-Unis d'Amérique, des individus non initiés, mais adoptant les croyances de la Wicca, se disent wiccans ; ce qui, du point de vue l'histoire de la Wicca et son fonctionnement, est une absurdité. La Grande-Bretagne, mère patrie de la Wicca, ignore ce glissement de sens. Pour en savoir plus lire : Rituel magie

Pour en revenir au culte, la Wicca célèbre la Nature au travers de la polarité mâle/femelle personnifiée dans la figure du Dieu Cornu et celle de la Grande Déesse Mère. Les adeptes de la Wicca célèbrent huit fêtes saisonnières : les quatre sabbats majeurs, Samhain, Imbolc, Beltaine, Lugnasadh, et les quatre sabbats mineurs aux solstices et aux équinoxes, Yule ou solstice d'hiver, Ostara ou équinoxe de printemps, Litha ou solstice d'été, Mabon ou équinoxe d'automne). La Wicca célèbre aussi et les pleines lunes (nommées esbats). Dans la Wicca les esbats sont considérés comme les moments les plus propices à la pratique de la magie, la pleine lune étant censée éveiller les énergies magiques à leur paroxysme.

Le mythe d'origine de la Wicca veut que le culte remonte au néolithique chez les peuples « dresseurs de pierres », pour perdre de l'importance lors des invasions indo-européennes (les celtes principalement) et finalement presque disparaître durant l'inquisition, qui voulait éradiquer toute survivance des anciennes croyances païennes. Les adeptes de l'Ancienne Religion dissimulèrent leurs croyances, réservant leurs pratiques et leurs enseignements magiques aux seuls membres de leurs familles. Finalement, l'Ancienne Religion pu resurgir à la fin des années 1950 sous l'impulsion de Gerald B. Gardner (1884-1964), lui-même initié au culte des sorcières, qu'il finira par nommé Wicca (racine wit/savoir, celui qui sait). La réalité historique est tout autre, puisque c'est Gardner lui-même qui a inventé la Wicca.

Ancien employé britannique de Malaisie à la retraite, passionné d'ésotérisme et précurseurs du naturisme, il va « mélanger » de nombreuses influences pour faire naître la Wicca : les écrits de Margaret Murray, ceux d'Aleister Crowley et son Ordo Templi Orientis, la Franc-maçonnerie, la Théurgie, les rapports de l'Inquisition sur les pratiques sorcières, le naturisme, la théurgie, la sorcellerie des campagnes, le folklore, le Tantra, etc.

Entendu qu'il est toujours plus aisé d'attirer de nouveaux adeptes en se prévalant d'une origine ancienne que d'avouer être né d'hier, il élabore son mythe des origines néolithiques et de la survivance clandestine de la Wicca, afin d'attirer plus facilement de nouveaux adeptes au sein des la Wicca.

La Wicca étant centrée sur la Nature, elle prône la nudité rituelle (la Wicca utilise alors l'expressions « être vêtu de ciel »), afin non seulement de retrouver notre corps au plus près d'un certain état naturel, mais aussi d'utiliser les énergies produites par la chaleur corporelle à des fins magiques : dresser le cercle pour les cérémonies, jeter des sorts, etc. C'est ce que l'on nomme la magie sexuelle.

Les covens (groupes d'adeptes de la Wicca) sont dirigés par une Grande Prêtresse et un Grand Prêtre, représentants respectivement la Déesse Mère et le Dieu Cornu durant les rituels. Chaque cérémonie culmine avec la plongée de l'athamé (couteau rituel) dans la coupe ? figurant la pénétration des principes opposés à l'origine de l'univers. Dans la Wicca, cet important moment peut être joué réellement par la Grande Prêtresse, qui est alors pénétrée rituellement par le Grand Prêtre. Ajoutons que la Grande Prêtresse et le Grand Prêtre sont presque toujours un couple constitué dans la vie profane et que cette pénétration rituelle doit faire l'unanimité du coven. Certaines fois, c'est l'ensemble du coven qui quittent le cercle lors de ce moment.

Les cérémonies de la Wicca peuvent avoir lieu en intérieur comme en extérieur, dans la pièce d'une maison comme dans une clairière. L'important est de dresser un cercle magique en invoquant les gardiens des quatre points cardinaux. La pratique de la Wicca nécessite aussi un certain nombre d'outils : l'athamé (couteau rituel à double tranchant et manche noir), la coupe, l'épée, le pentacle, le balais, le fouet, etc. Ces outils servent dans la Wicca à dresser le cercle magique et à pratiquer la magie. Ces outils cérémoniels ont tous comme origine la Haute Magie ou Théurgie. Par exemple, l'athamé, outil magique le plus important dans la Wicca, et inspiré d'un couteau rituel mentionné dans un très célèbre traité de magie : Les clavicules de Salomon.

La Wicca apprend aussi à ses adeptes à utiliser l'énergie sexuelle dans le domaine privé, seul ou en couple : pour guérir, jeter des sorts, obtenir des visions, etc. Certains vont être déçus en apprenant que la magie étant une chose trop sérieuse, son utilisation nécessite un réel contrôle donc une véritable concentration où le plaisir intervient peu, voire pas du tout. Dans la Wicca pas d'orgies.

En ce qui concerne la Wicca et la magie, celle-ci croit que l'univers possède un ordre qui lui est propre et que la magie est l'utilisation des énergies naturelles constitutives de cet ordre cosmique, par l'exercice de la volonté. Toute magie est donc une perturbation de l'ordre du monde et aller contre l'ordre du monde, c'est bouleverser l'harmonie de la Nature, dont les lois peuvent alors se retourner contre nous. Pour prendre un exemple, c'est comme dériver le tir d'une carabine, c'est possible mais le danger est mortel.

La magie blanche consiste à jeter des sorts en accord avec l'ordre du monde, c'est-à-dire corriger, rétablir ce qui est perturbé. La magie noire consiste à aller à l'encontre de ce qui est naturelle. La Wicca pratique uniquement la magie blanche. Cependant, même dans la pratique de la magie blanche, il faut avancer avec prudence, car qui peut prétendre avoir connaissance de l'ordre du monde et donc être certain d'être en accord avec la Nature dans l'usage de la magie. De plus, la magie sexuelle utilisant les énergies propres à chaque individu, sa pratique peut jouer sur la santé physique et mentale des individus.

Tout ce que nous venons d'écrire sur la Wicca, concerne la Wicca traditionnelle dite gardnérienne. Il existe plusieurs branches, plusieurs voies, qui se réclament de la Wicca. Certaines, tout en étant différentes de la Wicca traditionnelle, possèdent une filiation gardnérienne (c'est-à-dire remontant par initiation à Gérald Gardner), comme par exemple la tradition alexandrienne. Celle-ci est issue des enseignements d'Alexander Sanders (1926-1988) et met plus en avant des éléments provenant de la Magie Cérémonielle des plus classiques. Nous savons maintenant qu'il possédait une véritable filiation gardnérienne acquise sur le tard, mais qu'il a tu cette dernière afin que son initiatrice n'ait pas de problème avec son coven ; cette initiation n'était pas autorisée par son coven. D'autres voies n'ont pas de filiation, mais se réclament quand même de la Wicca parce qu'elles en adoptent les croyances. Sans se réclamer de la Wicca, d'autres groupes se sont inspirés de celle-ci notamment la figure de la Grande Déesse Mère afin d'affirmer une certaine forme de féminisme.

La France a donné le jour à une voie Wicca dite Wicca Luciférienne qui n'a de Wicca que le nom, puisque mettant en avant des éléments appartenant à la culture chrétienne ? Lucifer, Satan, les démons ? alors que la Wicca est purement païenne quant à sa culture. Ils se prétendent aussi d'une filiation gardnérienne que les gardnérien leur refuse. Filiation facilement vérifiable au sein de la Wicca gardnérienne, puisque jalouse de ses différents « arbre initiatique ».